Qu'est-ce que la Franc-Maçonnerie?
On dit souvent que la Franc-Maçonnerie est un Ordre Initiatique. Qu'est-ce que
cela veut dire?
Pourquoi le respect du Rituel est-il si important en Franc-Maçonnerie?
Qu'est-ce qu'un Rite?
La Franc-Maçonnerie est-elle un
cercle privé d'individus d'un certain âge?
Les Francs-Maçons ne sont-ils pas
racistes ou élitistes?
La Franc-Maçonnerie est-elle une
société secrète?
Qu'en est-il du fameux secret maçonnique?
La Franc-Maçonnerie est-elle une
secte?
Les Francs-Maçons sont-ils
anticléricaux?
Pourquoi les Francs-Maçons
prêtent-ils serment sur un livre sacre?
Qu'en est-il du serment maçonnique?
Une fois devenu Franc-Maçon, est-il encore possible de quitter la Franc-Maçonnerie?
.
La Franc-Maçonnerie est une organisation composée d'hommes
libres :
La Franc-Maçonnerie ouvre à l'individu un champ infini de
perception, de réflexion, de méditation, de créativité, d'amitié, de dialogue et
de spéculation intellectuelle.
La Franc-Maçonnerie propose à l'individu de s'élancer dans
l'espace cosmique de l'aventure spirituelle par le questionnement illimité. Elle
ne dispose d'aucune réponse et ne lui en impose aucune.
La Franc-Maçonnerie est un Ordre, cela signifie qu'elle repose
sur une organisation ordonnée et structurée selon une règle. Cette Règle définit
le fondement de la Régularité maçonnique dans tous les pays du monde. Les Francs-Maçons qui respectent cette Règle sont les Maçons
Réguliers.
La Règle
maçonnique traditionnelle existe depuis au moins le XIVme siècle. Ses plus anciennes transcriptions en notre
possession sont écrites en anglais médiéval et datent de 1390 (Manuscrit Regius) et de 1400 (Manuscrit Cooke). Elle se
trouve dans de nombreux documents manuscrits ou imprimés, collectivement appelés
Old Charges (en français : Anciens
Devoirs).
L'analyse de ces
Devoirs montre la permanence d'exigences constantes, appelées Landmarks depuis 1723, date à laquelle Anderson
employa l'expression dans ses Constitutions. Diverses recensions en existent
mais toutes contiennent les quelques principes incontestables (Landmarks) suivants :
Toute
obédience maçonnique qui ne respecte pas scrupuleusement ce principe, se voit
immédiatement exclue de la Franc-Maçonnerie
universelle.
La justification
d'une telle rigueur dans le respect des landmarks est
le principe de continuïté et d'unité dans le temps et
à travers l'espace : elle unit les Frères d'hier et d'aujourd'hui et des deux
hémisphères au sein d'une chaîne ininterrompue d'initiations successives.
La Franc-Maçonnerie est un Ordre,
mais elle est un ordre Initiatique.
Qu'est-ce que
cela signifie?
Depuis l'aube des
temps, l'homme cherche des réponses à ses questions sur la souffrance, la mort,
l'amour, le bien et le mal, le sens de la vie, etc.
Certains aspirent
à se perfectionner pour vivre mieux dans leur corps, leur esprit et leur cœur.
En ce sens,
l'Initiation maçonnique est un processus spirituel de perfectionnement
intérieur. Elle ne procure aucune réponse toute faite, mais elle donne des
outils méthodologiques permettant à chacun de poursuivre sa recherche intérieure
et de construire ses propres réponses.
Ces outils
s'adressent à ce que nous avons de plus profond en nous. Ils sont au-delà des
mots qui sont bien impuissants à exprimer l'essentiel, c'est-à- dire l'ineffable, à traduire l'indicible.
Ils sont les
symboles qui sont mis en œuvre et transmis par des rites initiatiques. Les rites
maçonniques sont des mises en scène formalisées dont tous les éléments (paroles,
gestes, objets, lumières, musiques, etc.…) sont autant de messages à décoder, à
décrypter.
Par l'effort
personnel d'interprétation progressive des rites, le processus de
perfectionnement intérieur se met en marche. Aboutit-il à la perfection? Bien
rarement, ce serait orgueil que de le croire. Mais ce qui importe dans le voyage
c'est de progresser en marchant avec ses frères, bien plus que d'atteindre la
destination finale…
Le Rituel est
tout à la fois un mode de communication, un véhicule de messages et un message
en lui-même. Mais il constitue également un ensemble de signes qui marquent et
délimitent un espace de concepts et de symboles. Le moment d'exécution d'un
rituel délimite un temps chargé de sens. Dès lors, le rituel symbolise un espace
et un temps spécifiques au sein desquels chaque mot et chaque geste créent,
portent et transmettent du sens. Respecter le rituel, c'est aussi respecter les
Frères.
D'un point de vue
individuel, le rituel est comme un livre qui offre bien des joies et des
découvertes à celui qui fait l'effort d'apprendre à le lire. Il met en œuvre un
ensemble de symboles (objets, gestes, paroles, décors, musiques, etc.) qui
véhiculent l'héritage spirituel de la Franc-Maçonnerie. Le rituel est donc un
outil essentiel de perfectionnement individuel de chaque Franc-Maçon.
D'un point de vue
collectif, le rituel est le langage commun, partagé par tous les Frères du
monde, qui se vit même lorsqu'on ne comprend pas la langue locale. En ce sens,
le rituel est un langage universel au-delà des mots. Il est aussi un lieu
culturel où les Frères se retrouvent au sens de retrouver ses Frères dans les
retrouvailles de l'amour fraternel, mais aussi au sens de se retrouver soi-même
à sa propre source, hors des fureurs et des bruits du
monde profane.
Généralement,
chaque Loge pratique six rituels de base auxquels viennent se rajouter plusieurs
rituels de circonstance.
Les rituels de
base sont :
Des rituels de
circonstance peuvent y être ajoutés comme par exemple :
L'ensemble de ces
rituels de base constitue un rite (voir question n°4).
Le mot rite a
deux sens. Il désigne tout cérémonial, même anodin (la poignée de main ou le
salut militaire, par exemple), mais aussi l'ensemble des règles et cérémonies
pratiquées dans un contexte hiérarchisé. Par exemple, l'Eglise catholique a ses
"Rites" (romain, grec, maronite ou copte) qui sont des modes ou des styles
différents de communiquer un message chrétien. De même, la Franc-Maçonnerie transmet ses degrés en des cérémonies dont
le style et le climat diffèrent selon les "Rites". Ces différences reflètent les
caractéristiques locales, les intérêts particuliers des rédacteurs de rituels ou
le génie propre à chaque langue.
Pour différents
qu'ils soient dans le détail, ces "Rites" possèdent un fond commun : la
transmission des initiations d'Apprenti, Compagnon et Maître selon une
terminologie empruntée aux corporations médiévales et le recours au travail de
la pierre comme soutien symbolique.
Cette succession
obligée d'initiations illustre la leçon majeure de l'Ordre maçonnique : la
perfectibilité de l'homme. Elle incite l'adepte à entreprendre cette tâche qui
ne peut qu'être inachevée.
La Loge
Acacia No.1 pratique le Rite Ecossais Ancien et Accepté.
Il est vrai que
la Franc-Maçonnerie a longtemps recruté des hommes
mûrs dans la quarantaine ou la cinquantaine. Aujourd'hui par contre, il n'est
pas rare de voir un homme jeune de 25 ou 30 ans recevoir la Lumière de
l'initiation maçonnique.
En fait, l'âge
civil a peu d'importance. Ce qui compte, c'est la maturité morale,
intellectuelle et spirituelle des impétrants. Devenir Franc-Maçon, c'est avant tout se sentir co-responsable de
l'avenir du monde et de l'humanité, sans orgueil ni forfanterie, mais avec la
conviction et la détermination que chacun, à son échelle et autour de lui, en
faisant effort sur lui-même, pourra apporter un peu plus de joie et atténuer un
peu plus de souffrances. Cela nécessite du courage, de la volonté, de la
conscience. C'est de cette maturité qu'il est question.
Le racisme sous
toutes ses formes est une aberration et une indignité.
La Franc-Maçonnerie le condamne sans hésitation. Les Francs-Maçons de toutes origines, de toutes religions, de
toutes classes sociales et de toutes couleurs en témoignent.
La Franc-Maçonnerie privilégie l’élitisme?
C’est vrai sous
trois aspects:
La foi,
la croyance et la confiance dans la perfectibilité de l’homme.
Tout homme, quel
qu’il soit, peut progresser dans les domaines de la spiritualité, des
connaissances, du savoir, de ses jugements, de ses opinions. Tout homme peut
élargir ses champs de perception et de compréhension. Tout homme peut apprendre
et transmettre. En fait tout homme peut perfectionner sa vision de la vie et la
conception de son propre rôle dans la société humaine.
L’esprit
peut attendrir le coeur, le coeur peut stimuler l’esprit.
C’est la
conviction intime du Maçon. Si son regard sur la condition humaine progresse, sa
nouvelle vision trouvera le chemin de son coeur.
Si son coeur tressaille et
saigne face aux abominations qui peuvent accabler les vivants, ses sentiments
encourageront son esprit et stimuleront son intelligence en vue d’actions à
mener.
La force
de l’humilité.
Le Franc-Maçon ne revendique aucun privilège, ni aucun pouvoir.
Il sait qu’il ne sait pas, qu’il ne connaît pas la Vérité mais qu’il peut la
rechercher. En outre, il s’engage à respecter sa parole d’honneur et d’être
fidèle à son serment.
Cela exige un
respect de soi et des autres.
Dès lors, lorsque
des candidats se présentent, il ne s’agit pas de recruter, mais de scruter s’ils
ne font pas fausse-route. Seront-ils heureux en
Franc-Maçonnerie. Comprennent-ils le sens de cet élitisme du coeur et de
l’esprit qui se construit par une vie de fraternité sans attente de retour, de
sensibilité à la condition humaine et à la poésie des choses, d’ouverture aux
différences, de compréhension du beau loin des modes éphémères, dans
l’émerveillement face à la création.
Ni recrutement,
ni sélection ,mais convergence d’individus prêts à
marcher avec d’autres sur les sentiers sinueux ,difficiles et humbles de
l’apprentissage, de l’acceptation de l’autre, de la sensibilité, de la
générosité, mais aussi de l’amitié, de la sincérité et de l’affection.
Par là, la Franc-Maçonnerie est une élite et fière de l’être.
Tout Franc-Maçon est libre de dévoiler son appartenance à qui il
l'entend, mais il ne peut dévoiler celle d'un autre membre. Ce qui se fait et se
dit en Loge est théoriquement couvert du sceau du secret et ne peut être
divulgué à des non-maçons. Cette exigence de
confidentialité est en tous points comparable à celle de tout conseil
d'administration ou d'autre société similaire !
Mais si la
maçonnerie est discrète, elle possède des secrets qui ne sont autres que
des modes de reconnaissance qu'employaient autrefois les maçons de métier,
souvent illettrés, pour se reconnaître entre eux. Ces secrets,
aujourd'hui décrits dans des ouvrages accessibles à tous, ne sont utilisés qu'à
des fins rituelles, pendant les diverses cérémonies maçonniques.
Le secret
maçonnique, comme tout ce qui est maçonnique, est avant tout un symbole qu'il
faut décoder, décrypter, interpréter. Ce curieux symbole a plusieurs racines.
La première
racine est historique : les Francs-Maçons opératifs
étaient des hommes de métier, souvent illettrés, dépositaires d'un réel
savoir-faire.
Les règles du
métier, pour n'être ni corrompues, ni détournées, devaient être tenues secrètes.
Tout nouveau maçon devait prêter serment, sous peine des sanctions les plus
graves de garder inviolables tous les secrets du métier et de ne les révéler
qu'à quelqu'un dûment reconnu comme maçon de métier. Pour se faire reconnaître,
des mots, des signes et des attouchements secrets étaient et sont toujours
d'usage.
La deuxième
racine est sociologique : en pays catholiques, au 19e siècle surtout,
l'église a fréquemment condamné la Franc-Maçonnerie. De plus, le nazisme et le
communisme, comme tous les totalitarismes, sont profondément allergiques à la
Franc-Maçonnerie qui véhicule des messages de liberté,
de tolérance et de différence.
Cette
condamnation et ces persécutions ont induit une certaine obsession du secret
chez bien des Maçons. Cette obsession a moins de raisons d'être aujourd'hui,
mais les habitudes sont prises et il est vrai que, dans certains milieux,
s'afficher comme Franc-Maçon peut conduire à des
désagréments, notamment professionnels. Cela explique pourquoi, dans nos pays,
il est de règle de ne jamais dévoiler l'appartenance d'un Franc-Maçon vivant à quiconque, sans sa permission expresse.
La troisième
racine est psychologique : elle exprime seulement que l'amour fraternel, la
connivence, la sérénité, la tranquillité d'esprit et d'âme requièrent une
certaine intimité. Et que cette intimité n'est possible qu'à l'écart, dans des
lieux réservés.
Ensemble, ces
trois raisons expliquent pourquoi la Franc-Maçonnerie
n'est pas une société secrète, mais une société discrète.
Tout ou presque
tout a été révélé sur la Franc-Maçonnerie. Les librairies regorgent d'ouvrages
plus ou moins pertinents, plus ou moins authentiques, plus ou moins sérieux, qui
révèlent les rituels, les mots de passe, les poignées de main. Il n'en
demeure pas moins que le vrai secret de la Franc-Maçonnerie est incommunicable à quiconque n'est pas
Franc-Maçon. Déjà au 18e siècle circulait ce petit sonnet anonyme
bien connu :
Pour
le public, un Franc-Maçon
Sera
toujours un vrai problème,
Qu'il
ne saurait résoudre à fond
Qu'en
devenant Maçon lui-même.
C'est de
l'effort, du travail, du combat communs que naissent les connivences et les
fraternités qui vont au-delà de tous les mots : là est l'essence du seul et
véritable secret maçonnique que nul, jamais, ne saura trahir
Non. Elle ne
dispose d'aucun dogme et n'impose aucune croyance. Elle rassemble des êtres qui
partagent la conviction que l'homme est perfectible. Les Maçons ne sont pas des
militants, ils ne cherchent à convertir qui que ce soit.
L'entrée en
Maçonnerie est un acte mûrement réfléchi et libre de toute contrainte. La Franc-Maçonnerie n'exerce aucun pouvoir coercitif sur ses
membres, qui l'ont rejointe de leur plein gré et peuvent la quitter de même.
Elle ne communique aucune doctrine, philosophique ou autre, qui soit présentée
comme la vérité suprême. Elle n'est pas non plus une religion et accepte
en son sein les fidèles de toute religion.
La Franc-Maçonnerie ne peut être antireligieuse, dans la mesure
où elle exige de ses membres la croyance en Dieu, qu'ils sont libres de définir.
Elle ne peut non plus être anticléricale puisque cette attitude est d'abord une
prise de position politique. Ces préoccupations ne la concernent pas.
Les Maçons
prêtent serment, depuis toujours, sur un livre considéré comme sacré et qui
donne à leurs engagements un caractère solennel et irrévocable.
Le candidat Franc-Maçon prête son serment d'engagement sur le livre de
son choix.
Chaque fois qu'il
est prêté, il répète en gros la même chose, à la fois d'une apparente simplicité
et d'une intense profondeur.
Il tient en trois
points combinés de façons variables :
Ces serments sont
prêtés sur le Volume de la Loi sacrée, afin que celui qui le prête s'engage par
rapport à lui-même du plus profond de lui-même, sur ce qu'il a de plus sacré. Le
Livre sacré ouvert sur l'autel en est le symbole.
Evidemment !
Quand on veut. Le serment est un engagement d'honneur qui n'exclut pas le départ
volontaire. Mais c'est un échec profond, tant pour celui qui part que pour la
Loge qu'il quitte.
Bien que des
légendes diverses continuent de nourrir l'idée que les Francs-Maçons se vengent de la trahison de
ceux des leurs qui quittent - légendes notamment entretenues par le vocable
grades de vengeance ou vengeur de la Franc-Maçonnerie qui ne concernent que des idées
purement symboliques - la réalité est infiniment plus simple et plus pragmatique
: quitte qui veut quand il veut.
Lorsqu'un Franc-Maçon quitte sa Loge, il s'agit d'un événement triste,
comparable à la fin d'une histoire d'amour : c'est un divorce, et un divorce est
toujours une déchirure, une blessure, un saignement.
Bien que la chose
soit assez rare, cela arrive, et les Frères qui choisissent de partir ne perdent
pas leurs amis pour autant. L'initiation maçonnique est ineffaçable, comme tout
souvenir marquant. Dans le cœur de celui qui part. Dans le cœur de ceux qui
restent.